Alors que les politiques et postures publiques d’état sur l’immigration tendent à rendre l’évidence là où elle ne réside pas, un collectif s’est constitué pour faire du 1er mars 2010 "la journée sans immigrés".
A l’opposé de toute inspiration xénophobe qui souhaiterait à l’inverse dupliquer cette initiative sur les 364 autres jours de l’année (!), il s’agit d’une nouvelle forme d’action pour mobiliser, voire éveiller, chacune et chacun d’entre nous sur l’apport des populations migrantes.
Dans une interview publiée par le JDD le 30 janvier dernier, le porte-parole du collectif Nadir Dendoune revenait sur l’origine de sa création en septembre 2009 :
"On constate depuis une quinzaine d'années que les propos xénophobes, ainsi qu'une certaine stigmatisation à l'encontre des populations dites "immigrées", ne sont plus uniquement l'apanage de l'extrême-droite. Les dérapages des hommes politiques, de droite comme de gauche, d'Hortefeux à Frêche, sont de plus en plus banalisés, et ce, au plus haut sommet de l'Etat."
Le collectif a organisé un concert au Cabaret Sauvage le 31 janvier dernier à Paris, pour tenter de récolter des fonds supplémentaires en plus de l’appel aux dons lancé sur le site officiel, "car nous ne voulons pas être récupérés par des partis politiques ou des associations" précise Nadir Dendoune.
Cet extrait du manifeste le souligne par ailleurs :
"Nous, femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays, en avons assez des propos indignes tenus par certains responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants."
Alors, cette journée sans immigrés, ça donnerait quoi ?
"Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique…
Pour la première fois en France, nous décidons de ne pas participer à la vie de la cité. Par cette absence, nous voulons marquer la nécessité de notre présence."
A l’instar du mouvement organisé le 1er mai 2006 aux Etats-Unis, qui avait réuni près de 10 millions de Latino-Américains, cette journée (et son éventuel succès) pourrait contribuer à tordre le cou aux idées reçues, portées par des stéréotypes et des préjugés qui marquent notre histoire collective depuis des décennies…
Sur le web :
► RevueDuWeb avec l'article "Ils ont lancé la journée sans immigrés sur le coin d'une table" sur Rue89.com
► Site officiel du collectif "La journée sans immigrés" - 24h sans nous" www.lajourneesansimmigres.org
► Vidéo de soutien du sociologue Eric Fassin :









